A l'arrivée de Christophe Colomb en 1492, l'île est habitée par les Taïnos, brillante civilisation des Antilles. Pêcheurs et agriculteurs émérites, et surtout peuple pacifique,
ils sont parés de bijoux en or lorsqu'ils accueillent les espagnols, ce qui attire la convoitise des arrivants. On en comptait alors près d'un million, mais ils disparaissent en moins d'un siècle, principalement en raison des travaux forcés, des massacres et des épidémies apportées d'Europe ! Devant cette pénurie de main-d'œuvre, les espagnols déportent massivement des noirs d'Afrique, et à partir de 1505, ils sont plusieurs centaines de milliers à rejoindre les plantations de canne à sucre et les mines d'or dominicaines ! A partir du 17ème siècle, les espagnols se désengagent progressivement de l’île, attirés par les richesses du Pérou et du Mexique. Ils laissent alors le champ libre aux pirates et boucaniers français qui prennent possession de la partie occidentale du pays et fondent la colonie de Saint-Domingue, la future Haïti. En 1791, la révolte des esclaves d’Haïti, menée par Toussaint l’Ouverture, s'étend dans la partie orientale. Les espagnols, débordés, cèdent l’ensemble de l’île aux français. Alors qu’Haïti obtient son indépendance en 1804, Saint-Domingue commence une longue période d’instabilité. Le pays passe des mains des français aux espagnols puis des espagnols aux haïtiens pour devenir indépendant en 1844. Après un bref retour à la couronne espagnole, la République Dominicaine obtient définitivement son indépendance en 1865. Longtemps centrée sur les exportations agricoles, l’économie dominicaine s’est réorientée vers les zones franches et le tourisme. Avec 6,8 millions de visiteurs en 2017, dont 5,3 millions d’étrangers, la République dominicaine est la première destination touristique des Caraïbes. Ce secteur emploie 330 000 personnes (emplois directs). En dépit d’une croissance soutenue, l’économie dominicaine demeure fortement dépendante de l’extérieur, notamment des États-Unis qui absorbent la majeure partie de ses exportations, fournissent la moitié des entrées touristiques ainsi que l’essentiel des transferts de fonds des migrants. Les relations avec Haïti sont au cœur de la politique étrangère de la République dominicaine. Par une décision du 26 septembre 2013, la Cour constitutionnelle dominicaine a retiré la nationalité dominicaine aux enfants nés de parents étrangers en situation de « transit » sur le sol de la République dominicaine au moment de leur naissance, avec effet rétroactif jusqu’en 1929 – c’est-à-dire, pour l’essentiel, des personnes d’origine ou d’ascendance haïtienne. Près de 250 000 individus ne parlant pas le créole et n’ayant souvent plus d’attaches avec Haïti sont concernés. Un plan de régularisation et une loi de naturalisation ont été adoptés par le gouvernement en vue de résoudre la situation des personnes affectées par la décision du Tribunal. |
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